Le Cheval pour Thérapie
Calmes et sereins les chevaux présente des vertus pédagogiques pour beaucoup de professionnels de la santé. Fanny Bougaut, ancienne psychomotricienne, a travaillé à leur contact avec des enfants handicapés.
Depuis toujours, on consède au cheval des dispositions athlétiques indéniables, on le sait courageux et vaillant à la tâche, mais on le connaissait moins en tant qu’allié pédagogique.
Force est de constater que le cheval contribue depuis des années au travail des professionnels qui exercent, entre autres, leur activité auprès de personne handicapées. Fanny Bougaut connaît bien l’animal. Avant de rejoindre la Fédération Française du sport adapté, comme cadre technique, elle a exercé en tant que psychomotricienne auprès d’enfants handicapés et le cheval jouait un rôle important dans leur éveil : << Quand on travaille dans une structure médico-sociale, il n’est pas toujours facile de maintenir en permanence la motivation des jeunes. Avec le cheval, on suscite leur intèrêt par simple fait de sortir de la structure. On est plus dans le cadre des activités de l’établissement, on va ailleurs >>.
PAS UN ANIMAL MIRACLE
Confrontée à des enfants autistes, l’ancienne psychomotricienne constate rapidement les liens que certains enfants nouent avec le cheval : << On s’est rendu compte que la présence, le contact avec les chevaux les rassuraient. L’enfant autiste ne suporte pas qu’on lui parle, ça le stresse. Avec le cheval, il n’y a pas de code, pas de mots, la communication est plus facile car il n’est pas question de parole. On est dans la sensibilité, dans la sensorimotricité. De plus, cest un animal calme qui inspire la quiètude, ce dont les enfants ont besoin >>. Si certains enfants trouvent dans le cheval une façon de communiquer, Fanny Bougaut prévient : ce n’est malheureusement pas l’animal miracle : << On peut parfois obtenir les mêmes résultats avec un chat ou un chien. Des personnes peuvent être effrayées par le cheval, elle vont être paniquées et le rejeter. C’est une question de vécu, l’histoire, ça ne marche pas avec tout le monde, il ne faut pas généraliser. Une personne handicapée est une personne à part entière qui nécessite un projet individualisè >>.
DIMENSION SOCIALE
Pour ceux que le cheval attire, l’équidé apporte, en revanche, une dimension sociale non négligable : << L’atout, avec une cheval, c’est que l’on peut, quand ils acceptent, faire monter les enfants dessus. C’est excessivement valorisant d’être à cheval. On est au dessus de tout le monde, on se grandi. Et puis, il y a un principe de réalité avec le respect de certaines règles : on ne tire pas la crinière, on ne met pas ses doigts dans les naseaux, pas de gestes violents etc. Ils apprennent aussi à respecter l’autre >>. La relation établie, des progrès et des évoluations se font quelque fois jour. Le relationnel, l’assurance, le gestualité s’améliorent, parfois perdurent et puis quelque fois il faut tout recommencer : << La durabilité des bénéfices acquis au contact du cheval varie en fonction des personnes >>. Mais quand les petites victoires se concrétisent, minimes soient-elles, c’est toute l’équipe pédalogique qui se sent transportée et convaincue de poursuivre son travail avec le cheval, un animal qui nous cache peut être encore des vertus thérapeuthiques inconnues.
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